Mentions de Jean-Yves Dufour

'L'ombre au sommet' chroniqué par Franck Abed

08/27/2017

Jean-Yves Dufour nous propose un voyage qui se veut pédagogique au sein des rouages du « Système ». Il est également l'auteur de deux essais : La France face au mondialisme (2011) et Résistance et Tradition (2013). Nous avions lu le premier et il avait retenu toute notre attention.

 

Son héros, Fabien de Guise se définit comme une personne partageant les idées véhiculées par « l’extrême droite  », pour reprendre la dénomination usitée par l’auteur dans son ouvrage. Par ailleurs, il est amoureux d’une femme partageant les mêmes idées, à la différence prêt qu’elle se veut activiste, alors que lui se contente d’une posture plus intellectuelle. Aussi curieux et étonnant que cela puisse paraître, il parvient à intégrer les services de l’Etat nonobstant son pédigrée. Toutefois il ne s’agit pas pour lui de rejoindre une mairie ou une administration quelconque, mais d’appartenir à organisation étatique de surveillance et de contrôle des citoyens. Il accomplit cet acte tout autant pour gagner sa vie que pour étudier le cœur du système, comme il l’explique à ses amis. Autant le dire de suite, le roman est relativement bien construit mais reste prévisible. En effet, il suit la trame habituelle des scénarios de ce genre. Cependant la dernière ligne en surprendra plus d’un et j’espère avoir l’occasion d’en parler avec l’auteur… D’un point de vue général, l’ensemble manque malgré tout de souffle et l’aspect psychologique des principaux personnages nous semble malheureusement guère approfondi. Dommage ! Nous aurions aimé en savoir plus sur les actions militantes d’Audrey et les difficultés opérationnelles du quotidien que ces militants rencontrent. Quid des états d’âme de Fabien travaillant pour ses ennemis contre ses amis et son amoureuse ? De même, concernant les missions de surveillance et de manipulation de la population par les services étatiques, nous restons un peu sur notre faim. Certes, de nombreux auteurs ayant étudiés ces sujets passionnants sont cités de manière abondante, mais sur les aspects pratiques de « contrôle mental  » ou de surveillance par exemple, peu d’éléments concrets et factuels sont indiqués à contrario de 1984 d’Orwell. Ceci étant dit, Jean-Yves Dufour, par l’intermédiaire de son héros, livre des critiques très pertinentes et constructives sur la modernité, les militants politiques, la société de consommation et du divertissement, etc. C’est le point fort de l’ouvrage. Les vérités écrites et décrites méritent d’être lues par le plus grand nombre. Les références intellectuelles et philosophiques sont nombreuses et variées, mais elles peuvent parfois s’avérer contradictoires. De même à trop vouloir en donner le novice pourrait se perdre devant ce foisonnement d’auteurs et d’intellectuels cités. Certains passages du livre se rapprochent du classique Eyes Wide Shutt du génialissime Kubrick. Les « initiés » comprendront la référence à ce film, les autres apprendront ce qui se déroule réellement dans certains cénacles. Enfin, ils découvriront également comment sont tenus ceux qui décident de quitter ce genre d’organisation...

 

Jean-Yves Dufour présente de très nombreuses pistes de réflexions sur la manière dont fonctionne notre monde, en nous proposant un petit roman sympathique, sans prétention et agréable à lire.

'L'ombre au sommet' chroniqué par David L'Epée pour Eléments Publicité des Observateurs pour la brochure 'L'esprit gauchiste'